Carnet de route

MAIS OU EST DONC OURTIGA ?

Sortie :  LOUDENVIELLE du 30/03/2019

Le 05/04/2019 par GUIRAUDIE GUY

Mais où est donc Ourtiga ?

Ce week-end, alors que la météo quasi estivale des dernières semaines aurait pu sonner le glas de la saison de ski, nous sommes allés trainer nos peaux dans le Luchonnais sur le secteur des Pichadères. Le manteau neigeux a bien diminué depuis la dernière sortie, nous obligeant une marche d'approche skis sur le sac depuis le Pont de Chêvre (1100m) pour trouver la neige vers 1600m en secteur Nord à la cabane d'Ourtiga, point névralgique du weekend.

Avec Nico, Phil Heinrich, Phil Navaro, Phil defair, Phil Depaich, Phil Daitin et moi-même, ce portage nous aura donné du Phil à retordre !! J'avais oublié les joies du portage et de la marche avec des chaussures de skis aux pieds et un sac plutôt lourd... la mémoire est vite revenue ! 1H30 de marche plus haut nous déposons notre surplus dans la cabane pour rejoindre, le sac léger, les pentes du Pichadères, ça fait du bien de temps en temps de vider son sac ! L'enneigement est faible à cette altitude et nous cheminons de névés en névés, pour rejoindre plus haut, enfin, un manteau neigeux digne de ce nom. La stabilité de ce manteau est au plus haut, de ce fait nous taillons droit dans la pente sans trop se soucier de l'inclinaison, et rapidement le groupe super-rieur prend pied sur le vallon supérieur. Il n'y a qu'à tirer un azimut vers le col plus haut. Deux heures après le départ de la cabane, nous posons les skis sur une petite croupe, antécime du pic des Pichadères que nous abordons à pied faute de neige sur l'arête. Là-haut, pique-nique ; il fait grand beau, pas de vent, le panorama est superbe du haut de ce promontoire à 2550m d'altitude. Nous échangeons quelques mots avec deux cafistes de Toulouse, nous ne sommes pas nombreux sur le secteur, ce vallon caché et le portage doivent en rebuter plus d'un. Deux options de descente s'offrent à nous, soit par le vallon par lequel nous sommes montés, soit par un second, parallèle au premier, dont le départ est plus raide, donc plus tentant, et bien sûr nous cédons à la tentation ! Étonnamment ce large couloir est gavè de neige presque poudreuse, à l'abri du soleil elle est restée « froide », la pente nous demande des efforts pour lever les spatules mais on arrive à bien enchainer des godilles, plus bas nous n'en revenons pas d'avoir ces conditions de neige. Le reste du vallon est progressif et bien ludique où nous jouons de dolines en croupes utilisant les cassures pour de meilleures relances jusqu'à trouver une couverture neigeuse plus éparse et chercher un cheminement pour rejoindre la cabane d'Ourtiga plus bas. Là, première chose à faire, enfouir les quatre bières, portées tôt le matin, dans la neige pour les boire bien fraîches plus tard, il ne faut pas non plus oublier les choses élémentaires !! Poursuite et fin du pique-nique, sieste, ramassage de bois pour les plus vaillants (moi je supervise!) ponctuent cette après midi en montagne sous le regard du pic d'Estiouère et du grand pic de Hourgade, puis enfin siroter nos mousses. Les 8°6 des roteuses vont vite nous monter à la tête et c'est dans une franche poilâde que nous aborderons le repas arrosé de bon rouge. Le ciel s'est voilé de nuages et les températures ont chuté, nous motivant à tout ranger et se rentrer dans notre logis du jour. Après notre repas au coin du feu (je ne remercierai jamais assez mes compagnons du dur labeur qu'ils ont accompli pour récupèrer quelques morceaux de bois et nous offrir ainsi cette belle flambée!!), l'étalonnage des montres en vu du changement d'heure, et le réglage des réveils nous nous installons dans nos duvets à l'étage.

Le lendemain matin les nuages ont été chassés, laissant place à nouveau à un beau ciel dégagé augurant une belle journée. Nous mettons les skis sur le sac pour un léger portage, descendre au ruisseau puis rejoindre les premiers névés quelques centaines de mètres plus loin. Au passage certains font le plein d'eau, et nous chaussons au pied du talweg pour évoluer au gré des croupes restant enneigées pour arriver 500m plus haut au Couret d'Esquierry, acceuillis par un généreux soleil. Une grande cabane perchée au col occupera notre attention, et après avoir inspecté ses environs, et grignoté un bout nous partons dans le vallon orienté Sud nous laissant guider par les courbes de niveau jusqu'à une belle pente qui laisse imaginer la descente...La montée se poursuit jusqu'au pied du Nord Nère où sa face nous tend les bras et ses 40° acceuillent nos spatules, les degrés Celsius aussi sont présents, chauffent l'atmosphère de cette pente plein Sud et nous exposent au chaud rayonnement de l'astre. Un regard sur le pic d'Espingo, voisin de palier et d'altitude du Nord Nère, que nous rejoindrons par l'arête qui les relie. La neige porte bien et nos skis accrochent sur cette neige compacte qui commence à transformer, les conversions se succèdent, certaines plus scabreuses que d'autres et c'est fluidement que nous arrivons au sommet. Sacré point de vue, les Pichadères de la veille nous apparaissent tout petits, le lac de Genos est une petite flaque d'eau dans la vallée du Louron, le grand pic de Hourgade nous nargue au Sud tandis qu'au Sud Est le cirque d'Espingo s'ouvre à nous. Nous chaussons les crampons et mettons les skis sur le sac pour cheminer sur l'arête plein Sud jusqu'au pic d'Espingo devenu pour le coup la salle à manger de midi. Là, nous prenons le temps ; les haltes aux sommets sont souvent trop éphémères pour cause de météo perturbée ou par manque de temps, mais aujourd'hui toutes les conditions sont réunies pour bien savourer cet instant juché sur notre pic, les genoux en guise de table. Le ciel commence à se voiler par l'ouest, phénomène annoncé par les sites météo, aussi nous préparons le matériel pour la descente. Pleine pente, face au vallon nous enchainons sûrement les premiers virages slalomant entre les rochers, et une fois la voie libre nous lachons les gaz pour profiter d'une belle neige maintenant transformée, parfois même nous sommes surpris de trouver de la bonne poudreuse, instants trop courts car les différences d'expositions rendent la neige changeante et piègeuse. Le relief nous offre vraiment de belles zones à skier tantôt raides, tantôt vallonées,et si nous avons des temps de repos ce n'est que pour mieux apprécier la descente, car les 1200m pourraient être skiés d'une seule traite. La glisse continue, au col nous passons au dessus de la cabane visitée tantôt, et nous repartons de plus belle, avec une certaine méfiance dans cette zone sous le vent exposée au Nord où la neige est encore un peu croûtée, puis nous retrouvons une neige dure à peine chauffée sur laquelle nous pouvons sereinement laisser s'exprimer nos différentes techniques de skis, Nico le télémarkeur semble voler en passant d'un ski à l'autre. Le repérage fait à la montée doit être suivi au névé prés car il ne s'agit pas de se tromper de talweg, certains étant trop étroits et encaissés pour être skiés. L'itinéraire est bien suivi et c'est sans encombre que nous arrivons à la fin de la surface skiable. Nous mettons les skis sur les sacs pour remonter 50 mètres plus haut jusqu'à la cabane, nous ravitailler à nouveau, finir la dernière bière (12,5 cl par personne) , rassembler toutes nos affaires laissées ici, palabrer sur cette belle escapade du week-end, vérifier que tout soit en ordre dans notre gîte d'acceuil et bien fermer la porte pour que les prochains randonneurs puissent profiter à leur tour de ce chaleureux petit abri. Un dernier coup d'oeil sur ce bel endroit, où je reviendrai sûrement un de ces quatre, et nous partons à pied pour récupérer la voiture 500m plus bas. A Loudenvielle une halte au bar « chez Rogé » couronnera ce beau moment. Ca valait la peine de porter !!!

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