Carnet de route

W-E en attendant la neige

Sortie :  WE NEIGE du 18/01/2019

Le 21/01/2019 par Yves Boussard

W-E neige (?) à Prat de Bouc 2019-01-18+19+20 :

L’arrivée promise de la neige tant espérée, mais aussi redoutée pour ses incidences routières, voilà qui émoustille les 21 participants humains et 1 canin à cette proposition de W-E, managée de main de maître par Hélène et Philippe, dans les locaux flambant neuf de La Grange des Roches (adresse à retenir).

Dès le Vendredi soir, c’estle col de Prat-de-Bouc voit le défilé des arrivées plus ou moins tardives de véhicules, pleins de victuailles solides et liquides, de sacs en tous genres, de bâtons, de skis, luges, raquettes, monocycle (moins attendu!) ; le premier repas RTS (acronyme réservé aux seuls initiés) permet de caler les estomacs avant un repos mérité, dès que les fâcheux oublis de sac à viande se voient réparés à coup d’ingénieux substituts à base de rideaux et autres improbables voilages prélevés (temporairement, rassurez vous) sur place…

 

Malgré les prévisions nivo-météo, sans doute sponsorisées par la station de ski alpin voisine, la couche de neige a du mal à cacher les cailloux et autres mottes de terre de part et d’autre du col de Prat de Bouc (1396 m). On verra bien demain matin suivant l’épaisseur de neige nouvelle promise...

 

Réveil comme un Samedi : brouillard tentant d’occulter un coin de ciel dégagé et chute de neige anémique ! Bon, au cours du petit déjeuner, une fois remis en route plus ou moins facilement les organismes (syndrome dû à l’altitude?), deux tendances se font jour :

 

- les frustrés des planches se précipitent coûte que coûte vers des pistes à l’enneigement canonné, avant que le réchauffement climatique ne condamne irrémédiablement et définitivement ces plaisirs artificiels… Domaine rabougri, concentration humaine garantie, chacun retrouve son plaisir comme il peut ; seul Philippe H. s’attache à enchaîner montées peau de phoque et descentes bord de piste pour atteindre son Graal dénivelesque. La majorité jouit simplement des retrouvailles avec les sensations d’antan, sécurité émotionnelle avant tout (ah ! Les innombrables variantes de la madeleine de Proust!).

 

- les autres (bandes Delmas*3, Stalla*2, Bouvier*3, Guiraudie*1,5, Boussard*1), moins catégoriques, vont tenter d’aller tâter la neige aux proches alentours : le sommet du Puy de Prat de Bouc (1524 m) promet, après une réchauffante montée, de beaux paysages à 360° en profitant d’un radieux soleil inattendu. Une fois les mirettes saturées de magnifiques vues, les possibles belles mais chaotiques descentes s’offrent aux fanas de glisse lugeuse, malgré les barbelés. En passant par les burons des Bourgs Haut et Bas, nous voilà vite rendus au fond du vallon du ruisseau de Prat de Bouc ; un saut par dessus l’onde joueuse (1260 m) et nous remontons, à la recherche d’un coin propice à un pique-nique réparateur malgré l’apparition du brouillard réfrigérant ; vite fait, bien fait, le consensus se fait sur une plaque de glace heureusement recouverte de neige qui permet de s’affranchir des possibles agressions des épines de la flore locale. La remontée directissime vers le Puy de la Jambe (1480 m) fait travailler rudement les jarrets sans toutefois toujours parvenir à réchauffer certaines extrémités humides ou réfrigérées (une tentative d’utilisation de chaufferette ne réussit même pas à pallier ces désagréments); il ne reste plus qu’à finaliser la traversée des pâturages gelés dans la purée de pois jusqu’à retrouver vers 1520 m la piste « bleue » descendant du Plomb du Cantal : c’est alors l’ivresse de la vitesse pour les lugeu(se)rs qui d’un trait rallient le Col, laissant une traînée d’éclats de rire et autres joyeuses exclamations occuper l’espace sonore cantalien; un goûter réparateur au bar proche redonne la vigueur nécessaire aux plus jeunes pour prolonger les plaisirs de la glisse jusqu’à l’arrivée de la pénombre nocturne, tandis que les anciens, après douche de rigueur, se lancent dans la préparation du repas, motivés par un apéro non-stop, partagé avec les skieurs de retour!

 

Repas raclette : alors là, rien que du classique : avalanche de petites entrées toutes meilleures les unes que les autres, quantités roboratives mettant en péril l’ingestion à venir de la raclette indispensable, le tout dans un brouhaha aux décibels proportionnels aux centilitres apéritifs ingérés préalablement, suivis des décilitres des vins/bières proposés à la carte ; étonnant que Laure ait pu arriver à nous rejoindre depuis Rodez, le téléguidage ne présentant plus à cet instant la rigueur scientifique nécessaire ; heureusement, une télé eurovisionesque attire immanquablement les plus jeunes loin de cet accablant exemple adulte et seule Câline trouve la parade à ce déplorable comportement en se murant dans une sieste réparatrice. Le retour vers les lits semble se passer finalement fort correctement malgré l’heure très tardive. Qui dira les rêves qui ont alors émaillé cette nuitée ?

 

Dimanche : toujours pas plus de neige, et les Cassandre météo annoncent d’hypothétiques bourrasques neigeuses…

 

- Joël nous abandonne pour une longue randonnée (automobile) vers des contrées plus nordiques quoique moins escarpées.

 

- le nombre des mordus du ski fond comme neige au soleil : une scission apparaît même entre les deux qui se refusent à utiliser un véhicule et partent, peaux aux skis, à l’assaut du Plomb pour une unique descente « one shot » et ceux (3) qui plus classiquement veulent regagner à répétition les bords de piste de la station !

 

- la « fratrie des frères de la côte (des crêtes) » se concentre sur l’exploration monocyclique des abords du Col, avec enregistrement vidéo des exploits du plus jeune sur pentes enneigées!

 

- le reste (15 + 1 chien) regroupe, autour des lugeurs impénitents de la veille, de nouvelles recrues avides de sensations fortes (Nicolas et Elia, Sylvain, Jean-Guy, Pascal) et s’élance par une belle descente forestière, via les cascades pétrifiées de glace du Lagnon et des Vergnes, jusqu’au gué étonnant d’Albepierre (1120 m) en profitant d’un beau soleil qui joue au travers des branches et illumine les belles bâtisses de Raveyrol; les luges en folie laissent de plus en plus de l’épaisseur de leurs patins sur les cailloux au fur et à mesure de la descente parsemée de belles plaques de glace qui remplacent la couche de neige de plus en plus anémiée. La troupe (le troupeau?) doit bien remonter gaillardement à travers les bois en face nord de la Montagnoune jusqu’à la piste forestière du Ché (1280 m) en traînant/portant les luges lasses; puis c’est le retour par les ex-futures pistes de fond, les yeux pleins d’images joyeuses et les jambes un peu plus lourdes, jusqu’au réfectoire pour un dernier repas en commun suivi du nettoyage de rigueur, avant un retour vers les pénates figeacoises de tout un chacun. Seule reste l’irrépressible envie de renouveler l’expérience.

 

Alors, et après : quand y retournons-nous ? avec de la neige en abondance ? en aussi bonne compagnie !

Préparez raquettes, skis alpins, de rando, de fond, fartez les semelles, affûtez les carres et préchauffez les cuisses…

Parlez en autour de vous, mais par pitié ne faites pas trop de battage, il faut savoir préserver la tranquillité d’une aussi belle nature.

« La montagne nous offre le décor … à nous d’inventer l’histoire qui va avec ! » Nicolas Helmbacher

 

Yves Boussard

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