Carnet de route

campbielh 21 avril

Sortie :  Ski de rando du 21/04/2018

Le 04/05/2018 par guiraudie guy

Ce week-end pas de grasse matinée pour Nico, Ghislain, Olivier, Etienne et moi-même. Les conditions de redoux avec un iso 0° à 3500m vont nous obliger à commencer nos journées de (très) bonne heure. Il est 4h ce samedi matin quand nous nous levons au gîte d'Azet pour nous rendre au parking de la station de Piau. Il fait 5° là-haut à 1800m d'altitude, une avalanche de l'autre côté du ravin fait résonner son écho et nous laisse échanger un regard dubitatif au travers du halo des frontales. Ais-je pris la bonne décision ce week-end ? 6H00 nous chaussons les skis, la neige n'a que très légèrement regelé cette nuit, par endroit elle est restée pourrie. Les premiers ressauts jalonnés de fissures et de petites crevasses (gueules de baleines), nous imposent un cheminement prudent, jusqu'à 2200m où la neige est bien durcie par le regel nocture et, ce, jusqu'au Port de Campbielh. Il est 8H00, et déjà ça commence à chauffer dans ces pentes Sud Est ! presque il faudrait redescendre maintenant pour avoir de la bonne neige ! Au col, à 2600 m nous obliquons plein Sud sur la croupe qui mène au Soum des Salettes 2976 m. Depuis un bon moment nous évoluons sur une neige bien blanche tombée il y a quelques jours, contrastant avec la neige ocre stigmate d'un coup de sirocco. Sous le sommet, la croûte de regel est mince, et laisse apparaître, dessous, une petite épaisseur de poudreuse. La fine arête qui fait office de sommet nous acceuille, dévoilant un superbe point de vue sur le cirque de Troumouse en premier plan, puis le cirque de Gavarnie et le glacier du grand Vignemale. Derrière nous les pentes de la Hourquette de Cap de Long sont bien visibles, cette vision nous ote l'espoir de faire le Campbielh par cette voix tant elle est jonchées de coulées d'avalanches, y rendant la descente en ski peu faisable. La phase descente peut être amorcée, une fois les peaux retirées et les chaussures vérrouillées. Les rochers affleurants amènent à la prudence sur les premiers virages, pour ensuite trouver une belle pente soutenue sur une neige encore dure où chaque virage nous renvoie de grosses vibrations dans les genoux à travers les cares conductrices . C'est le cuissot chaud et les chaussettes sur les maléolles que nous arrivons au col, là nous faisons une petite halte pour reprendre notre descente jusqu'à la cabane de Sausset. Sous le col la neige est toujours dure et devient agréable à skier dans le petit vallon qui plonge vers la vallée ; un passage est même en neige de printemps tout juste chauffée par le soleil, mais elle change très vite de consistance, devient pourrie et l'impression de tenir un gros volant de camion plutôt que des bâtons de skis nous gagne tous un à un ! La cabane du Sausset est...petite et dèjà habitée au moins par une personne. Les couchages sont très sommaires et nous nous demandons comment nous allons rentrer à cinq là dedans ! Après plusieurs observations et discutions nous décidons de descendre jusqu'aux granges de Campbielh, 300m plus bas. L'après midi sera sûrement moins longue à passer sur les pelouses herbeuses que les fesses dans la neige, en plus ça nous fera skier plus longtemps et demain un peu plus de dénivelé. Plus bas nous retrouvons une neige plus portante et c'est en petite godille que nous arrivons aux granges. Là, Nico et moi-même partons en éclaireurs pour trouver une grange ouverte et...habitable. C'est sur une ancienne bergerie au toit à moitié effondré que nous jetons notre dévolu, la partie arrière encore saine offre une bonne zone de couchage sur du vieux foin et un recoin fera office de salle à manger, la terrasse herbeuse, devant, fera une bonne zone de farniente. Nous rejoignons le groupe un peu plus bas aux premières granges pour y manger tous ensembles et profiter de cet après midi ensoleillé, grand bien nous a pris d'emporter quelques pages à lire, il n'est que midi ! Belle après-midi en somme passée entre sieste, lectures, palabres et à regarder le paysage. Deux skieurs arrivent du Campbielh et nous confortent sur notre décision de ne pas y aller, « conditions dégueulasses » dixit ! Ils continuent leur chemin les skis sur le sac, jusqu'à Gèdres sûrement. En fin d'aprème nous rejoignons notre logis, pour y installer nos couchages et autres arrangements ; au dessus coule une cascade, nous aurons l'eau accessible. Ghislain sort le ricard !! (et oui surprise), coupe de la saucisse en rondelle et nous voici fin prêt pour un apéro d'altitude. Et nous commençons à refaire le monde.... La nuit fut bonne sur nos litières de foin, et à 5h nous nous levons. Le ciel est couvert, il n'aura quasiment pas regelé ; le manteau neigeux transformera d'autant plus vite ; ce n'est pas le jour des grandes ascensions. A la frontale nous récupérons nos skis laissés plus bas la veille, re-traversons le ruisseau par le petit pont surmonté d'une congère de neige et chaussons nos spatules rive gauche du torrent. Rapidement nous gagnons du dénivelé, et moins d'une heure plus tard nous sommes au niveau de la cabane du Sausset, le cheminement jusqu'au col est bien évident et nous retrouvons dans le bas du vallon la neige dure. La pente se raidi, les couteaux se font obligatoires et nous progressons ainsi jusqu'au port de Campbielh croisé la veille. Un groupe de trois randonneurs, aperçu plus tôt descendant de ce même col, fait demi-tour et, faisant le même constat que nous, renonce à faire le Campbeilh, pour eux aussi ce sera le Soum des Salettes. Il est de bonne heure quand nous arrivons au col, les 1000m ne nous aurons occupés seulement 2h30. La bise de pente que nous avions pendant la montée n'est plus, et les rayons du soleil chauffent dèjà. Nous nous préparons pour la descente, la neige toujours dure nous permet de faire des virages sûr, tout en évitant les traces de montée regelées. Plus bas la neige tantôt croûtée tantôt pourrie nous compliquera un peu les manœuvres jusqu'à ce que nous trouvions (oh surprise!) une neige plus douce et portante jusqu'en bas. Une petite poussette pour rejoindre la piste du fond de vallon et nous rejoignons la voiture, alors que d'autres randonneurs commencent juste leur journée, il est 9h30 ! C'est la première fois qu'une rando s'achève par un café/chocolatine et non par une bière !

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