Carnet de route

raid queyras mars 2008

Le 13/03/2008 par
 

Le raid dans le queyras que Maurice concoctait depuis des années aura enfin eu lieu (du 03.03.08 au 08.03.08). Certes non sans encombres, car il aura fallu gérer le manque de neige ainsi qu'une météo capricieuse qui nous offrait une fenêtre de beau temps jusqu'en milieu d'aprés midi. Départ Mardi matin du gîte des Arolles, à Molines en queyras, où la veille nous avons pu déguster des tomates qui n'ont jamais connu la terre et du paté qui n'a sûrement jamais dû connaître son cochon. Détail qui a son importance puisque c'est resté le sujet de discussion de la journée. Maurice, Michel et moi-même chaussons les skis en direction du col de Fromage et commençons par une montée bucolique à travers les bois. La neige est dure car la nuit a été plutôt froide (élément surprenant lorsqu'on connaît la douceur printannière qui enveloppait le massif la semaine d'avant). Sur le plateau, nous décidons de changer de trajectoire et de partir sur la Pointe de Rassis (2846 m) qui nous fera monter plus haut, donc profiter d'une meilleure descente. Et c'est au bout d'une longue et belle arête de neige que nous arrivons en ski au sommet de la Pointe. Grand bien nous en pris, car au col de Fromage, vu d'en haut, de la neige que néni!!! La descente sera du « rebrousse chaussette » avec une neige dure, parfois croutée, qui ne pardonnera pas d'erreur de carre (n'est-ce pas Maurice ? ). Les grandes pentes, depuis le haut de la pointe, nous aménerons directemment dans un long talweg déneigé, que nous n'aurons plus qu'à suivre à pied pour rejoindre le village de Ceillac (1750 m). Il est environ 17h00, des flocons tombent, il est temps de boire une bière!!!

Le lendemain, c'est un paysage immaculé de blanc qui s'offre à nos yeux. Passé les premiers émerveillements, les reflexes reprennent le dessus... et qu'en est-il du risque d'avalanche? Aprés un long préparatif cérémonial qui nous est famillier (à nous skieurs de rando), nous enclenchons la première et démarrons skis aux pieds depuis la petite station de ski familliale de Ceillac. Pour ma part ce sera la 1ère lente car ces p.....s de chaussures de m...e !!! me font très mal aux tibias. Le paysage est vraiment très beau, et le cheminement que nous enpruntons pour aller au Col du Tronchet nous permet de l'admirer tout du long. La neige est de qualité poudreuse...que du bonheur!!! Au col du tronchet (2661 m), c'est une autre vallée qui s'ouvre devant nous. La neige de la nuit dernière a refourni le manteau en versant sud, et nous permet une bonne godille jusqu'à la cabane du Tronchet d'où l'épaisseur de neige devient plus qu'alléatoire. Ce n'est qu'un peu plus bas que les skis seront transférés sur nos sacs, avant de pouvoir les rechausser plus bas dans la plaine et d'arriver au refuge c.a.f de Maljasset (1900 m) ski aux pieds.

Le manque de neige nous fait opter pour passer deux jours dans ce refuge pour le moins acceuillant (miam!) , de là nous pourrons faire quelques sommets en chaussant directement au refuge. Et la bambée qui nous sépare du refuge Agnel ne m'enchante guère vu la p..... de douleur que j'ai aux tibias. Petit problème, le refuge est en mode E.J.P depuis plusieurs années (sic!!!) et les dortoirs ne sont que frigos. Mais nous sommes cafiste non de d... ou pas!!! Donc, on se caille mais on ferme sa g....e !!! Le jeudi matin le grand beau temps nous ouvre à nouveau ses bras, mais un vent de Nord Est terrible souffle sur la vallée de l'Ubaye et ce n'est qu'une fois sortie des bois vers 2100 m, que nous le ressentons vraiment. Ce vent n'est pas qu'inconfortable, il nous façonne la neige et la transporte d'un versant à l'autre, dépellant une créte ici, formant une belle plaque à vent là. Le sentiment d'insécurité grandi au fur et à mesure que la pente se raidi sous le sommet, l'arrivée des nuages ainsi que les bourrasques violentes nous font rebrousser chemin. C'est dans la tempête que nous décollons les peaux, qui, fouettées par les turbulences, viennent se coller à nos vestes, en virevoltant devant nos visages. Une petite bataille aprés, nos sacs sont rendus hermétiques, et la godille engagée dans la neige fraîche nous fait vite oublier les déboires venteux plus haut cités. C'est vrai qu'elle est bonne, que du plaisir qui transite jusqu'au cerveau via les spatules et les genoux, plus bobos à tibia!!! on voudrait que ça dure, que ça dure!! stop! Là, une petite bergerie d'altitude, poste idéal pour une pause restauratrice, avant de basculer sur un autre versant suivant les bonnes indications du gardien du Maljasset, où la godille se poursuit dans une belle pente de poudreuse à demi boisée, faisant détaller deux chamois éffrayés et surpris par notre présence. Retour à la case départ d'où le regard se tourne, presque inconsciemment, vers les pentes descendues, à la recherche de nos traces seules stygmates de notre passage.

Le lendemain, la situation n'est guère plaisante; ciel bouché, chutes de neige et vent violent. Un groupe de skieur, qui séjournait au refuge, nous propose de nous descendre avec leur fourgon jusqu'à Saint-Paul/Ubaye. Village carrefour sous le col de Vars, d'où l'un d'entre nous pourra rejoindre la voiture en stop à une cinquantaine de kilomètres de là. Maurice s'y colle.

Vu les mauvaises conditions météo et nivo, vu le col que nous avons à franchir pour rejoindre le refuge de la Blanche coté Saint-Véran, une seule solution s'offre à nous: profiter de l'opportunité du fourgon. Aujourd'hui aucun de nous trois ne regrette cette décision. Et voilà comment ce passe un raid plusieurs fois reporté, il faut tenter le diable et qui sait peut-être qu'à force le diable se lassera?!?!?!

guy guiraudie







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