Carnet de route

Arbizon i flocons

Le 23/02/2019 par Guy Guiraudie

Aïe! la journée commence mal, la cafetière déborde et plus tard la route d’accès aux granges de Lurges est rendue impraticable, en tous cas avec nos voitures, à cause d'une longue plaque de glace qui jonche la route raide au départ du village d'Aulon ; un gros Toy en glissade manque de nous faucher au passage ! Nous partirons donc de ce premier parking à 1100m pour chausser directement les skis au départ d'un champ juste à côté. Aujourd'hui l'Arbizon est en ligne de mire pour Hélène, Nico, Cyrille, Philippe H , Philippe N, Ghislain, Guillaume et moi même. Il est à peine 8h12 quand nous faisons le rituel et obligatoire test DVA avant de clipser nos fixations en mode « montée ». Un petit cheminement bucolique nous amène aux Granges de Lurges, petit hameaux qui revêt encore, malgré la grande douceur des températures, son manteau neigeux. Et puisqu'on parle de « grande douceur des températures » il fait déjà chaud au soleil à neuf heure du mat, cela n'aurait rien d'étonnant si nous étions en fin de saison comme on pourrait le penser, mais nous sommes encore en février, certes le 23, mais en février ! De ce hameau nous prenons le chemin d'été pour monter vers la cabane d'Espigous qui sera le point de bifurcation pour rejoindre plus haut la fontaine de Coulariot vrai point de départ et premier verrou avant de voir les pentes de l'Arbizon. Passage en rocher l'été il devient une belle pente à 40° l'hiver qui se franchit skis aux pieds, cela dépendant bien sûr de la qualité de la neige. Nous passons ce verrou plus ou moins scabreux pour certains, facile pour les plus agiles, tandis que d'autres optent pour le portage, et tous nous retrouver sur la partie supérieure qui nous permet d'apercevoir le sommet. A partir de là les rythmes vont être disparates, avec un premier de cordée de la famille d'escampette qu'on ne reverra qu'au sommet, les deux derniers profitent pleinement de l'effort et de l'environnement, tandis qu'un groupe de cinq reste uni dans la trace. Au bout d'une belle pente, et au prix de quelques conversions, c'est à la brèche d'Aurey que nous faisons une pause pour manger un morceau et rassembler un peu les troupes. Il fait chaud, la neige transforme rapidement, le petit air qu'il fait ici est le bienvenu. Après cette restauration rapide nous repartons pour enfin arriver au sommet où le premier acolyte nous attends. Ici, assis prés du cairn sommital nous prenons notre vrai casse-croûte et profitons de ce beau belvédère qu'est l'Arbizon, gardien de la vallée d'Aure, qui offre une vue panoramique sur la chaine des Pyrénées. Le jeu est maintenant d'y reconnaître les sommets, chacun y allant de ses commentaires tandis que d'autres rectifient les erreurs et apportent leurs connaissances... Le temps passe, et l'heure de la descente a sonné. Skis aux pieds depuis le sommet nous évitons les quatre cailloux que la fonte a fait apparaître et c'est dans une godille prudente que nous abordons la première pente. La neige, bien transformée porte comme il faut et les virages s'enchainent pour ensuite faire une bonne traversée, rejoindre la deuxième partie qui nous ramène dans l'axe du vallon où une large et belle pente attend nos spatules. Les sourires sur les visages ne laissent aucun doute quand au plaisir ressenti pendant ce long moment, plaisir qui va se prolonger jusqu'aux bois plus bas et sera à peine altéré par la descente du verrou de la fontaine de Coulariot. La descente continue son train jusqu'aux granges où nous remplissons nos camelback à la fontaine du village et nous nous laissons glisser par le même itinéraire de montée sous le regard un peu surpris de quelques résidents. Un peu plus tard au gite nous profiterons des derniers rayons de soleil, et après une bonne séance d'étirements initiée par Hélène l'apéro se fera dans une bonne ambiance suivi d'un repas animés de paroles et de rires.

ENS, huit heure, nous garons les voitures. Après le dénivelé ingurgité la veille, le Cap de Laubère, sommet au dénivelé plus modeste, occupera notre journée dominicale. Depuis le haut du village nous rechaussons les skis pour monter dans un large champ de neige avec un joli point de vue sur l'Arizon et le vallon d'Auloueilh. La montée s'effectue tranquillement, un petit manque de neige nous oblige à déchausser et porter les skis sur une centaine de mètre en pente sud. Les longues traversées sur un secteur Nord nous abritent du soleil et nous font apprécier la petite laine. Enfin nous sortons sur la crête de Cupeyroude, pour tirer un azimut sur le Cap de Laubère. Nico et Cyrille en tête de course, pris dans leur élan, dépassent ce Cap et vont se percher sur un autre promontoire où tout le monde les rejoint, de là nous continuons sur les crêtes de Hitte Monte jusqu'à un point culminant (2317m) sous le pic de Bassia Sailla, petite balade sympa sur une neige dure où les conversions ont nécessité toute la souplesse des corps. Sur la fine arête de neige chacun trouve sa place pour retirer les peaux et passer en mode descente. Ces pentes Ouest ne sont pas encore transformées par le soleil rasant, et c'est sur une neige dure, mais sûre, que j'amorce les premiers virages. Une chute ne serait pas la bienvenue, ce serait une glissade direct dans la vallée du Rioumajou bien plus bas ! Ouf tout le monde est passé. Une petite dernière pente pour le fun et nous re-peautons pour rejoindre ce fameux cap de Laubère. Les vibrations dues à la neige dure inondent encore nos cuisses et nos chaussettes. Là, sur ce petit sommet, pique-nique...pas un mot, on regarde...juste...

La descente, chacun son style, reconnaissable aux silhouettes qui dansent sur cette surface blanche chauffée et changeante selon son exposition à l'astre solaire. L'itinéraire de descente rejoint celui de la montée au lieu dit « risque de chutes de pierres et d'avalanches » ! Nous déchaussons sur la même centaine de mètres qu'à l'aller pour à nouveau glisser vers le village plus bas, l'arrivée à la route marque la fin de cette belle rando. Aux voitures, tout en nous changeant, nous sirotons les bières restées à l'ombre dans les véhicules, avant de prendre la route... et boire une autre bière (burp!) en terrasse à Sarrancolin avant de prendre vraiment le chemin du retour.

Ce soir en regardant le mythique « Impitoyable » avec Clint Eastwood et Gene Hackman, sûr que je repenserai à ce beau wouikeng, et la bonne ambiance qui l'accompagnât.

 

Guy Guiraudie

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