Carnet de route

Est-ce ta hargne ou Estaragne ?

Le 20/05/2017 par GUY GUIRAUIDE

Est-ce ta hargne ou Estaragne ?

Dernière sortie de la saison inscrite au programme et ...validée. Trois gonzes cafistes sont allés planter la tente au val d'Estaragne Vendredi 19 mai au soir. L'heure tardive d'arrivée ne nous a pas laissé le choix de l'emplacement et c'est au bord de la route que nous installons le camp. Le lendemain matin, après avoir bataillé avec les réchauds capricieux pour le petit déj, nous partons dans le vallon d'Estaragne pour faire l'ascension du trois mille du même nom. Un petit portage sur 200m de distance et nous chaussons les skis sur une neige bien durcie par le regel nocturne. Les pentes du 3000 nous dominent et nous pouvons déjà y lire le cheminement tracé par d'autres skieurs, le coin est plutôt couru d'autant plus que la route est ouverte jusqu'à Cap de Long. La neige tombée Jeudi et Vendredi a occasionné de belles coulées et le premier verrou à passer a déjà été baptisé par l'une d'elles. Passage scabreux mais obligatoire pour atteindre la deuxième partie de la face sous le sommet. Le vent maintient une température fraîche, la neige transformera d'autant moins vite, ce qui nous laisse une bonne marge de temps pour la descente. Du sommet on voit, plein Ouest, la face Est du deuxième 3000 de la journèe : le Campbieil 3173m qui se fait logiquement en continuité de l'Estaragne. Manu, Nico et moi-même, suivis et précédés de bien d'autres descendons au col 150m plus bas et commençons à gravir cette pente qui en jette quand même pas mal!! De conversions en conversions nous progressons pour enfin laisser nos skis contre un rocher et continuer à pied jusqu'au sommet, cinquante mètres au dessus et baver devant ce panorama qui s'étend sur toute la chaîne. Le massif imposant du Mont Perdu nous nargue tandis que, plus proche, celui de la Munia essai d'exister. Plus à l'Ouest le Vignemale et le Balaïtous se repèrent à leur glacier remarquable. Le vent frais ne nous permet pas de s'éterniser en ces lieux, nous amorçons donc la descente. La neige de ces derniers jours, chauffée par le soleil est lourde à skier, et les traces des autres skieurs n'arrangent rien à l'affaire qui nous sollicite les cuisses jusqu'à la brûlure. La frustration est toujours la même, quand, rendu en bas on réfléchit au ratio temps montée/temps descente... A nouveau en haut de l'Estaragne, rejoins par une pente mi-neige mi-rocher, nous entamons la descente qui, entre les coulées de neige et les traces de skieurs, est devenu un vrai champ de mines, mais le bas du vallon et sa large étendue de neige transformée nous permet de finir la rando en beauté. Retour à la voiture où pique-nique et sieste seront bien appréciés, avant de monter à Cap de Long pour y installer notre bivouac. Nico en profitera pour monter au Pas du Gat et augmenter son dénivelé/jour, comme si les 1250m du matin n'avaient pas suffit !? tandis qu'avec Manu nous nous intéressons au barrage et à son historique, séquence culture !! Après une bonne et longue nuit de sommeil, promise pourtant froide et ventée la veille par un gendarme zellé, nous nous affairons au petit dèj et à la préparation des sacs. Un prisme de lumiére nous renvoi l'image de trois soleil levant dans un arc en ciel circulaire, magnifique ! Il est 7h30 quand nous démarrons skis sur le dos pour rejoindre les pentes surplombant la rive droite du lac et y chausser les crampons, bien plus sécurit sur cette neige très dure car à certains endroits la moindre glissade peut mener direct dans les eaux froides. Nous pouvons admirer au passage les belles plages de sable blanc...ah non c'est de la neige !!! Une demie heure plus tard, arrivé au bout du lac, nous troquons nos crampons contre nos skis cette fois plus adaptés au terrain . Nous n'avons pas gagné un seul mètre de dénivelé depuis le départ, tout reste à faire. Nous gagnons rapidement les premières pentes, où déjà le soleil chauffe généreusement le manteau neigeux, la trace se fait facilement sur cette surface onctueuse et nous progressons régulièrement. Le cheminement est fluide, et de dolines en talwegs nous rejoignons une croupe d'où nous pouvons avoir en ligne de mire le pic Maubic. Mais ce n'est pas parce qu'on le voit, qu'on y est ! loin s'en faut, on dirait même qu'il s'éloigne. Nous voici sur la dernière pente, arête large qui nous impose beaucoup de conversions jusqu'à une antécime où nous laissons les skis pour accéder au sommet par une fine arête de neige, courte mais aérienne. Ici le Pic Pong nous écrase par sa grosse masse rocheuse, le Vignemale et le Balaïtou, sur notre droite, sont toujours visibles. Nous redescendons à nos skis et profitons des bonnes conditions météo pour casser la croûte sous le sommet, tout en faisant la causette à deux Luchonnais, dont l'une est membre du spéleo-club de ...Saint Céré ! Ah, la descente ! Au début trafollée par les skieurs de la veille, mais très vite que du bonheur ! La vaste pente s'ouvre à nous, et nous pouvons lacher les watts sur cette neige de printemps où les spatules peuvent inscrire leurs traces avec fluidité. Ratio temps montée/temps descente, disais-je plus haut ! Nous re-peautons dans une cuvette, pour monter à nouveau au pic d'Estaragne et de cette façon faire une belle boucle sans se taper le retour par les bords du lac de Cap de Long . Manu, lui a préféré ce retour là, arguant l'excuse d'ampoules aux pieds … ou de quelques vues Luchonnaise. Peu importe il nous rejoindra avec la voiture, ce qui nous évitera deux kilomètres à pied sur le goudron. Nico et moi-même continuons donc la boucle, et c'est en terrain connu que nous progressons maintenant, jusqu'au sommet. La descente sur le vallon d'Estaragne n'est pas différente de la veille, mais la neige du bas, bien plus transformée, colle aux skis et nous oblige à rechercher constamment le bon équilibre et gérer les variations de vitesse. Et voilà la boucle est bouclèe, Manu est au rendez-vous, il ne reste plus qu'à nous restaurer, tout ranger, profiter un dernier moment de cette montagne, boire une bière et tailler la route avec plein de bonnes choses dans nos têtes... et dans nos cuisses.

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